Sélectionnez votre langue

Lettre d'Informations Mars 2026

Chères donatrices, chers donateurs,

Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle et heureuse année. Surtout la santé, la lumière, l’amour et la paix. Même si mes vœux arrivent avec un peu de retard, ils n’en sont pas moins sincères et viennent du fond du cœur. J’ai passé les fêtes avec Aziz, nos enfants et nos petits-enfants à Genève. Ce fut un temps de grand bonheur, et j’ai savouré le fait qu’après des années, nous ayons enfin été tous réunis.

Mais venons-en à cette lettre trimestrielle et à la question de savoir pourquoi Barbara et moi la partageons une fois de plus. Cela tient au fait qu’Aziz et moi sommes rentrés à Grand-Bassam début janvier, après sept mois d’absence. L’arrivée fut un véritable retour à la maison – mon âme s’est envolée, mon cœur battait deux fois plus vite. Combien ils m’avaient tous manqué, oui, combien tout m’avait manqué.

Reprenons depuis le début : le matin du 9 janvier, nous sommes montés dans l’avion par –6 degrés et nous avons atterri le soir à +28 degrés. Retour à la maison ! Les enfants nous attendaient, et j’ai dû m’appuyer contre un mur pour ne pas être renversée par leur élan. « Maman Lotti, Papa Aziz ! » criaient-ils en se précipitant vers nous – quel merveilleux sentiment.

Le lendemain, j’ai d’abord rendu visite aux malades dans notre hôpital. J’y ai retrouvé des patientes et des patients qui étaient déjà hospitalisés chez nous lorsque nous sommes partis et qui se réjouissaient de nos retrouvailles. J’ai été heureuse de les voir – tout comme les nouveaux hospitalisés – pleins de courage et de gratitude. Car ou ailleurs sont- ils accueillis aussi chaleureusement et gratuitement que chez nous ? Ensuite, je suis allée au dispensaire, où j’ai été reçue par de grands cris de joie, des embrassades et des larmes d’émotion. Je ne savais même pas par où commencer à écouter. La chose la plus importante que j’ai entendue : tout le monde va bien.

Barbara et Llum se sont bien installées. Pendant ces sept mois, Barbara m’a également contacté régulièrement pour me demander conseil – je lui en suis très reconnaissante.

Aziz et moi nous sommes ensuite installés à Ayobâ, notre village, dans notre petite maison. Quelle atmosphère : paisible et tranquille. Un véritable lieu de paix, où l’on ne se dispute jamais, où règnent compréhension, tolérance et amitié. Le matin, lorsque je m’asseyais sur ma petite terrasse, que j’écoutais la musique africaine diffusée par le chef du village, que je regardais nos poules, que j’observais les magnifiques tisserins construire leurs beaux nids, que je voyais les chauves-souris dormir la tête en bas dans les cocotiers, que le parfum du café et du pain frais venait à ma rencontre et que les aînés commençaient à organiser leur journée, il m’était confirmé à chaque instant que la vie qui m’a été donnée est une grâce.

Que ces personnes âgées, pauvres, handicapées, aient trouvé chez nous un foyer, qu’elles soient heureuses et profondément satisfaites, est le plus grand cadeau que j’aie jamais reçu. Et vivre désormais avec elles, pouvoir à tout moment aller voir les enfants, les patientes et les patients ou me rendre au dispensaire, est un autre cadeau. Et savoir que Barbara et Llum s’occupent de notre projet avec tant de compétence et d’amour allège mon cœur. Comme je suis reconnaissante pour tout cela.

Comme les débuts furent difficiles il y a 28 ans, lorsque je me rendais encore dans les bidonvilles avec mon vieux Pajero pour recueillir des mourants. Comme ce fut compliqué à Adjouffou au commencement, lorsque personne ne voulait de nous parce que nous accueillions des personnes « contaminées ». Combien de fois nos enfants ont-ils été insultés : « sale chien du sida ». Et combien de fois ai-je dû consoler, sécher des larmes et répondre à des questions.

Dieu a été bon avec moi en me donnant la force de construire ce projet humanitaire. Et vous toutes et tous, mes chères et fidèles donatrices et donateurs : vous ne nous avez jamais abandonnés. Recevoir votre confiance et votre soutien est pour moi un très grand honneur. Je vous en remercie mille fois.

Lotti devant sa petite maison à Ayobâ, avec l’âne et entourée des enfants du Centre

Voici la photo avec l’âne et moi – avec sa légende : À Ayobâ, les petites maisons n’ont pas de numéros, mais sont marquées par des images d’animaux. Les enfants avaient choisi un âne pour notre maison, sans savoir que c’est mon animal préféré. Je leur ai donc demandé : « Pourquoi un âne ? » Leur réponse m’a émue aux larmes : « Parce que, comme toi, il peut porter des charges très lourdes. »

Entre-temps, nous sommes de retour dans le froid. Vous pouvez deviner trois fois où me mènera mon prochain voyage. Mais oui, d’ici là, il y a encore du temps. Je sais maintenant qu’à Grand-Bassam tout est bien pris en charge et que tout s’est déroulé comme je l’espérais – un autre cadeau dans ma vie.

Que Dieu vous bénisse.

Lotti Latrous

------

Chers donateurs, chères donatrices,

En ce début de nouvelle année, je souhaite vous adresser, au nom de toute l’équipe du Centre Espoir et des résidents, nos vœux les plus chaleureux. Que 2026 vous apporte santé, sérénité et bonheur. Votre générosité et votre fidélité demeurent le moteur essentiel de notre mission, et nous vous en remercions profondément.

À Bassam, après une belle fête de Noël, la nouvelle année nous a offert la visite de Lotti et d’Aziz, et la joie immense des retrouvailles. Lotti a écouté, consolé, cajolé et partagé de précieux moments avec les enfants, les seniors, les malades et les employés. Papa Aziz, quant à lui, est passé d’un Centre à l’autre pour aider à l’entretien annuel en réparant, repeignant et rénovant… Leur départ nous laisse les bienfaits de leur présence, gravés autant dans nos cœurs que dans notre espace de vie et de travail. Pour ma part, cette visite m’a aussi offert une occasion précieuse de recevoir les conseils de Lotti, dont j’ai toujours besoin.

Aujourd’hui, j’aimerais vous présenter Ernest, notre nouvel Assistant en Administration et Ressources Humaines. Ernest a 27 ans. Juriste diplômé, très motivé et d’un grand professionnalisme, il apporte une aide précieuse à l’équipe. L’accueillir parmi nous est un double plaisir : bénéficier de son soutien dans le travail, mais aussi observer au quotidien l’impact profond que Lotti et le Centre Espoir ont eu sur sa vie.

      

Une photo d’enfance d’Ernest

Car, selon toutes les lois de la probabilité, Ernest n’était pas destiné à devenir le jeune adulte qu’il est aujourd’hui. Il a perdu sa maman lorsqu’il était bébé et son papa à l’âge de six ans. Lui et ses deux sœurs sont restés orphelins très jeunes, l’une d’elles souffrant d’une maladie grave. Lotti est entrée dans la vie de la fratrie en soignant sa sœur, avant de rencontrer le petit Ernest, qui n’avait encore jamais été scolarisé. À 8 ans, grâce au Centre Espoir, il a pu commencer l’école primaire située juste à côté du Centre. Il y a pris goût à l’étude, a rattrapé son retard en sautant des classes et est même devenu l’un des meilleurs élèves. Cette rencontre avec Lotti, associée au soutien scolaire et social apporté par le Centre Espoir, a tracé pour lui un chemin sur lequel d’autres personnes ont continué à l’accompagner, jusqu’à faire de lui l’homme qu’il est aujourd’hui.

Ernest avec ses deux sœurs

L’histoire d’Ernest illustre ce qui se cache derrière le chiffre de 772 aides à la scolarité que nous avons pu octroyer en 2025. Nous avons la joie d’accompagner tous ces « petits et grands Ernest » qui vont peut-être saisir une opportunité et réaliser un parcours de vie qu’ils n’auraient jamais pu imaginer sans ce soutien. Nous vous remercions de tout cœur de nous donner les moyens d’accompagner autant d’enfants et leurs familles.

Barbara