« Les adieux ne sont que pour ceux qui aiment avec les yeux. Mais pour ceux qui aiment avec leur cœur et leur âme, la séparation n'existe pas.»
- Rumi
Chers donateurs,
J'espère sincèrement que vous allez bien. Je remercie tout particulièrement tous ceux qui nous ont contactés après l'émission « Gredig direkt », diffusée sur SRF le 17 avril et dont j'étais l'invité. Vos nombreuses réponses pleines d'amour et d'encouragement m'ont profondément touchée et m'ont témoigné une fois de plus de la force de votre soutien.
Comme vous le savez, j'ai cédé la direction de notre centre. En ce moment, je me sens un peu « mélangée » – c'est ce qu'on dit en Afrique lorsqu'on est envahi par des émotions différentes en même temps. Je pense que le mot allemand « mélancolique » le décrit le mieux. Oui, je suis un peu triste, un peu heureuse, un peu désorientée aussi – mais par-dessus tout, je suis pleine de gratitude pour la vie qui m'a été donnée ces 26 dernières années. Ce n'était souvent pas facile – et ce n'est toujours pas toujours facile aujourd'hui. Mais j'en suis certaine : une vie simple ne m'aurait jamais rendue vraiment heureuse.
Dans cette lettre trimestrielle, il est très important pour moi de vous remercier.
Tant de personnes ont contribué à la réalisation de notre merveilleux projet. Votre aide, chers donateurs, a été essentielle ; sans vous, rien de tout cela n'aurait été possible. Un immense MERCI du fond du cœur !
Un merci tout particulier à mon mari Aziz, à mes côtés depuis 53 ans, et à nos trois enfants ; leur soutien et leur dévouement sont incommensurables. Sans eux, je n'aurais pas pu réaliser ce projet. Ma gratitude envers ma famille est infinie – et le restera toute ma vie.
Je tiens également à remercier mon amie de longue date, Marie-Odile, qui m'a accompagnée sur le terrain pendant plus de 20 ans. Mes plus sincères remerciements vont également à notre équipe – dont beaucoup sont à nos côtés depuis le tout début – et aux nombreux bénévoles dévoués.
Un grand merci également à notre président local, le Dr Henri Chenal, qui nous a toujours été fidèle et fiable. Cher Henri, merci du fond du cœur.
Enfin, je tiens à remercier les membres du conseil d'administration de la Fondation Lotti Latrous, et tout particulièrement notre direction du secrétariat. Le travail de chacun est inestimable. Merci pour votre fidélité et votre engagement.
Un livre se ferme. Mon livre. Ou peut-être : il ne se ferme pas encore tout à fait. Aziz et moi continuerons de nous rendre occasionnellement à Bassam et de passer du temps dans notre petite cabane simple d'Ayobâ, notre cher village que nous avons pu construire pour nos aînés. Il serait donc peut-être plus juste de dire : tant que j'aurai du souffle, la dernière page de ce livre ne sera pas tournée avant – espérons-le, un jour lointain – le moment des adieux.
Mais revenons au présent :
Nous avons passé une merveilleuse fête d'adieu. Tout le monde était là, des plus jeunes aux plus âgés. Nous avons dansé, pleuré et ri. Une célébration simple, tout à fait dans notre esprit : pleine d’amour et d’amitié.

Lotti transmet la direction à ses deux successeures, Barbara et Llum.

Monsieur Abass – un employé local qui part également à la retraite avec Lotti et Marie Odile – adresse quelques mots à toutes les personnes présentes.

Toute la grande famille des Centres, avec tous les employés et les résident·e·s.
Au cours de la cérémonie, j’ai officiellement passé le relais à ma successeure, Barbara, et à son assistante, Llum. Je leur ai demandé de traiter chaque personne de notre centre et chaque personne en quête d’aide avec respect, compassion et humilité. Je suis profondément convaincue qu’elles sont capables de poursuivre notre travail dans le même esprit qui règne ici depuis de très nombreuses années.
Depuis mon départ, Barbara et moi sommes restées en contact étroit ; je leur en suis très reconnaissante. Je lui ai demandé de se présenter brièvement à vous personnellement, non pas avec un CV traditionnel, mais avec quelques réflexions sur sa mission. Voici ses mots :
Barbara écrit :
« Ce qui m’a profondément touchée dès le début, c’est l’atmosphère, ce sentiment de paix qui vous enveloppe dès votre arrivée au centre, et l’intensité des émotions. Tout cela m’a immédiatement émue. J’ai été – et je suis toujours – profondément impressionnée et j’ai pleuré d’émotion plus d’une fois depuis mon arrivée.
Oui, je me sens à ma place ici, tant sur le plan professionnel que personnel. Lorsque j’ai postulé pour diriger le Centre de l’Espoir en juin 2024, j’ai d’abord douté de ma capacité à relever le défi. Mais au fil du processus de candidature, le projet, sa philosophie et le rôle que j’allais assumer me sont devenus de plus en plus familiers. Après la semaine d’essai, c’était clair pour moi : je voulais vivre, travailler et poursuivre ce travail ici, pleinement consciente de l’immense tâche qui m’attendait.
Je sais que je ne peux pas remplacer Maman Lotti – comme on l'appelle affectueusement ici – mais je suis prête à assurer la continuité. Pour le personnel, les enfants et les jeunes, nos patients et nos aînés. Je ne peux assumer cette responsabilité que grâce au soutien de Lotti, Aziz, Llum et de toute l'équipe. J'ai ressenti ce soutien dès le premier jour, et c'est ce qui me soutient.
Voyez-vous : cette responsabilité est entre de bonnes mains.
Vous apprendrez bientôt à mieux connaître Barbara, car elle écrira de nombreuses lettres trimestrielles à l'avenir. Elle est sur place et vit la situation de près. Mais chaque fois que je serai à Bassam, je vous recontacterai également.
Pour conclure, je tiens à dire :
J'ai reçu tant d'amour, tant de soutien, tant de gentillesse. Je suis remplie de joie et de gratitude. La lumière qui illumine mon âme ne me quittera plus jamais ; c'est la lumière de la grande grâce que cette vie m'a accordée.
Chers donateurs, merci. Merci pour votre aide. Sans vous et votre confiance, rien n'aurait été possible.
Que Dieu vous bénisse.
Cordialement,
Lotti Latrous